vendredi 27 juin 2008

Disques, films...

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En apprenant à jouer de la guimbarde dans son enfance, Spiridon Spirinovitch (Spiridon, fils de Spiridon) ignorait qu’il serait amené à parcourir la terre à la rencontre de ses amis du cercle restreint des guimbardistes les plus passionnés et les plus fous. Tout en exerçant sa fonction de directeur de l’école de Pokrovsk au fin fond de la Sibérie , il donne régulièrement des concerts au Japon et en Europe.

Spiridon ne se rend jamais à un concert sans emporter avec lui un petit sac mystérieux. A l’intérieur : des guimbardes des toutes sortes… qui s’apprennent les unes aux autres à jouer. Certaines y demeurent quelques jours, d’autres quelques mois… ou plusieurs années. Jusqu’à ce que Spiridon décide qu’elles sont enfin capables d’interpréter les mélodies de son pays natal. Ambassadeur de la guimbarde, Spiridon les collectionne et il encourage son enseignement dans son école.

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Au dire des Iakoutes, la guimbarde parle et chante (etigen khomous). Différents procédés, rythmiques ou mélodiques, alternant le jeu avec la langue, les lèvres, la cavité buccale, la gorge, le ventre ou le nez permettent d’interpréter l’alouette, l’oie, le coucou ou encore le cheval.

La guimbarde est fabriquée de nos jours à partir de différents alliages. Elle comporte une langue (tyl) et des joues (iedes). Les Iakoutes adaptent sur cette percussion de bouche les chants du peuple sakha. Jadis, disent-ils, c’étaient les femmes qui en jouaient. Mais, aujourd’hui, le khomous est devenu l’instrument national de la République Sakha (Iakoutie) : l’engouement revenu depuis les années soixante-dix lui a donné une nouvelle impulsion depuis que s’est tenu le premier festival international des guimbardistes (1991), et toute la population, enfants et adultes confondus, se l’est réapproprié. Tant et si bien que se sont créées de véritables formations de guimbardistes : « En 2005, raconte Spiridon, nous étions 400 à jouer ensemble ! »

disque_Spiridon_3De par son contact direct avec, à la fois, l’air et le corps, la guimbarde est considérée comme la meilleure traductrice de l’âme humaine. De ce fait, elle constitue un bon moyen de converser non seulement entre hommes, mais aussi avec les esprits de la nature… Spiridon ajoute : « Parfois, ma guimbarde parle toute seule et je l’écoute jouer ».

C’est peut-être la raison pour laquelle ses vibrations sont utilisées en musicothérapie.

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Spiridon a participé à la bande originale du film de Bartabas (Chamane). Le vrai chamane dans le film (lorsque le chamane "hypnotise" les chevaux pour que lui et son ami puissent fuir le camp), c'est lui ! Il a été invité à Paris lors du montage du film pour jouer la doublure lors de la séance de guimbarde sur les pâturages couverts de neige.

Synopsis du film : Evadés du goulag sur des chevaux yakoutes, un chamane et Dimitri le violoniste s'enfuient dans la taïga. Avant de mourir, le chamane révèle à son compagnon que les esprits l'entourent, et qu'ils l'accompagneront dans ses aventures et ses rencontres vers ces immensités où aucun homme ne peut survivre seul.

***

Si vous êtes intéressés par le disque ci-dessous (sorti en 2007), vous pouvez écrire à mon adresse : e.maj@free.fr

Ci-contre, recto et verso du dernier disque enregistré par Spiridon, à Paris, chez Cinq Planètes.

Si les titres des morceaux ne sont pas lisibles, écrivez-moi, je les ajouterai ici.

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Posté par emiliemaj à 22:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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